Le 7 décembre 2024, la cathédrale Notre-Dame de Paris rouvrait ses portes après cinq ans et demi de travaux consécutifs à l’incendie du 15 avril 2019. Seize mois plus tard, la messe dominicale a retrouvé son rythme, les touristes affluent à nouveau sur le parvis et la rosace sud brille comme au premier jour. Pourtant, le chantier de restauration est loin d’être terminé. Plusieurs zones restent fermées au public et de nouvelles étapes se préparent pour les mois à venir.
Ce qui a été livré en décembre 2024
La réouverture officielle a concerné la nef, le chœur, le transept, les chapelles latérales et la flèche reconstruite à l’identique par Villeneuve. Les voûtes effondrées lors de l’incendie ont été reconstituées pierre par pierre grâce au savoir-faire des tailleurs de pierre formés dans les ateliers de la Charité-sur-Loire. La charpente, surnommée « la forêt » en raison des milliers de poutres en chêne qu’elle contenait, a été refaite avec environ 1 200 arbres sélectionnés dans les forêts françaises.
Les tableaux de grands maîtres, les statues, le mobilier liturgique et les reliques ont retrouvé leur place. La Couronne d’épines, conservée dans un reliquaire dessiné par le designer Sylvain Dubuisson, est désormais visible dans une chapelle dédiée.
Les travaux qui continuent en 2026
Le chantier n’est pas terminé. La sacristie, les abords extérieurs et plusieurs arcs-boutants attendent encore une restauration approfondie. Le parvis est en cours de réaménagement dans le cadre d’un projet signé par la paysagiste Bas Smets, qui prévoit un sol drainant, une trame d’arbres et une meilleure gestion des flux de visiteurs. Les premiers travaux extérieurs ont commencé à l’été 2025 et devraient durer jusqu’en 2028.
L’archevêché a également lancé un programme de restauration des cloches, dont plusieurs avaient été endommagées par la chaleur. Le bourdon Emmanuel, qui avait miraculeusement résisté, sonne depuis décembre mais les cloches du beffroi nord doivent être refondues. La maison Cornille-Havard, à Villedieu-les-Poêles, a été chargée de cette opération minutieuse.
Les chiffres et le coût final
Selon l’établissement public chargé de la maîtrise d’ouvrage, le budget total avoisinera 840 millions d’euros à l’achèvement du chantier en 2028. Les dons, collectés après l’incendie, ont atteint 846 millions d’euros, provenant de 340 000 donateurs originaires de 150 pays. L’État n’a donc pas eu à débourser de fonds publics pour la restauration elle-même, même si certaines opérations annexes (parvis, musée de l’œuvre) mobilisent d’autres financements.
Le rythme des visites reste impressionnant. Entre décembre 2024 et décembre 2025, Notre-Dame a accueilli environ 14 millions de visiteurs, un chiffre supérieur aux années qui précédaient l’incendie. La réservation en ligne, mise en place pour fluidifier l’accès, permet d’éviter les files d’attente qui s’étiraient parfois sur plusieurs heures.
Prochaine étape : le musée et les abords
La Ville de Paris prépare l’ouverture d’un musée consacré à l’histoire de la cathédrale, prévu à l’Hôtel-Dieu voisin. Le projet, piloté par l’établissement public Paris Musées, accueillera des œuvres sauvées, des fragments d’origine et des documents retraçant mille ans d’histoire. Son ouverture est annoncée pour 2028, en même temps que l’achèvement du parvis.
Pour les pèlerins et les curieux, la visite reste gratuite mais réglementée. Les horaires sont disponibles sur le site officiel notre-dame-de-paris.fr, et plusieurs circuits guidés permettent de mieux comprendre le travail des artisans et des architectes.
