Ubisoft a annoncé un accord avec Vivendi portant sur la cession de l’intégralité de la participation du groupe de médias dans l’éditeur, soit 30 489 300 actions, environ un quart du capital. L’opération met fin à plusieurs années de tension entre les deux sociétés et sécurise l’indépendance du studio français.
Les termes de l’accord
La sortie de Vivendi s’organise autour de plusieurs mouvements. Deux nouveaux investisseurs de long terme entrent au capital : le fonds de pension canadien Ontario Teachers’ et le groupe chinois Tencent. À cela s’ajoutent un rachat d’actions par Ubisoft, un achat d’actions par la holding familiale Guillemot Brothers SE et un placement privé accéléré auprès d’investisseurs institutionnels. Au terme de l’opération, Vivendi n’est plus actionnaire d’Ubisoft et s’engage à ne pas acquérir de nouvelles actions pendant une période de cinq ans.
Un partenariat stratégique avec Tencent
Ubisoft et Tencent ont annoncé le même jour la signature d’un partenariat stratégique destiné à étendre la portée des franchises de l’éditeur en Chine. Pour un studio dont les licences comme Assassin’s Creed ou Just Dance cherchaient à s’implanter sur ce marché, l’appui d’un acteur local de premier plan représentait un atout concret.
La réaction d’Yves Guillemot
Yves Guillemot, président-directeur général d’Ubisoft, a salué une évolution de l’actionnariat qu’il a présentée comme une excellente nouvelle pour l’entreprise, ses équipes et ses joueurs. Le dirigeant a insisté sur la stabilité apportée par des investisseurs de long terme et sur la liberté retrouvée pour mener la stratégie créative du groupe. La famille Guillemot, fondatrice de l’éditeur, renforçait sa position au capital à cette occasion.
La fin d’un long bras de fer
Cet accord refermait un épisode ouvert en 2015, lorsque Vivendi avait commencé à monter discrètement au capital d’Ubisoft. La manœuvre, perçue comme une tentative de prise de contrôle rampante, avait inquiété la direction et les salariés, d’autant que Vivendi avait déjà pris le contrôle de Gameloft, autre société fondée par les frères Guillemot, en 2016. Pendant près de trois ans, Ubisoft avait cherché des soutiens pour préserver son autonomie.
Ce qui a suivi
La sortie de Vivendi a offert à Ubisoft plusieurs années de stabilité actionnariale. Tencent a par la suite renforcé sa présence, notamment au travers de la holding familiale, tandis que l’éditeur traversait une période plus difficile au tournant des années 2020, entre reports et réorganisations. L’accord de 2018 reste toutefois un moment clé de l’histoire récente du studio. Pour d’autres analyses et actualités, rendez-vous dans notre rubrique Jeux Vidéo.
