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Aperçu de Bloodborne

Un pied en enfer… La tête au paradis

Bloodborne est apparu pour la première fois début mai 2014 sur 4chan sous le nom « Project Beast« . Le jeu a immédiatement attiré l’attention de tous les fans de la série des Souls, le lien de parenté flagrant sautait aux yeux depuis la fuite des premières images. Le titre a fait sensation lors de l’E3 dernier et le hype a atteint son sommet quand Hidetaka Miyazaki, le créateur de Demon’s Souls, a été confirmé comme étant le directeur du jeu. Il va sans dire qu’aujourd’hui le jeu est très attendu et votre serviteur a eu l’occasion de l’essayer au gamescom 2014.
Voici nos impressions.

Next Gen Souls

La première chose qui saute aux yeux avec Bloodborne est son élégance. Une maitrise technique combinée avec une direction artistique faite de main de maitre et le résultat est sublime. Le choix d’un environnement Victorien très gothique donne au titre une très forte identité reconnaissable. On irait même à dire que parmi tous les jeux qu’on a vu dans le salon, Bloodborne est le plus beau et le plus marquant. Pour une fois, un jeu From Software est abouti techniquement. Nous n’avons plus devant nous un titre qui s’en tire uniquement grâce à sa direction artistique. Le fait que Japan Studio participe au développement du titre n’est sans doute pas étranger à cette performance. Sony a déployé l’artillerie lourde pour leur futur hit.

Bloodborne rappelle sans surprise Demon’s Souls. Dès les premières secondes à Yharnam de nuit,on s’est retrouvé dans un environnement connu. L’ambiance, les effets sonores, la caméra, les animations et même le déplacement jusqu’aux bruits des pas. Tout est familier et très fidèle aux Souls, même l’effet « poupée de chiffon » (rag doll) une fois un ennemi est mort. Si vous avez joué à Demon’s Souls ou Dark Souls, vous vous sentirez à l’aise. Bloodborne est – mis à part le nom – un Souls pur souche.
Le gameplay est donc très similaire avec quelques différences notables.

Le bouton L1 permet de transformer l’arme qui est dans la main droite. Il est possible de l’utiliser durant l’attaque pour changer le move set de l’arme à la volée et faire des combos différents. Le bouton L2 tire des balles avec le fusil à pompe qui au passage ne peut pas être utilisé comme une arme principale, les balles étant rares et ne font que très peu de dégâts. En revanche, les ennemis touchés par les balles sont paralysés pendant une fraction de seconde, ce qui rend cette arme surtout utile pour le « crowd control ». En effet avec un bon timing, on a remarqué qu’il est possible de faire des coups critiques avec l’arme principale. Le bouton triangle permet désormais de se soigner grâce aux « blood vials ». Cette dernière fonctionnalité est la plus étrange car ce bouton servait dans les Souls pour utiliser son arme à deux mains. Ayant vu dans les videos le personnage se battant à deux mains me pousse à penser que ce mode de contrôle est loin d’être définitif. À noter aussi qu’il est maintenant possible de charger une attaque en maintenant le bouton R2 enfoncé.

Bloodborne

Au début de la démo on pouvait choisir entre deux personnages: l’un armé d’une hache et l’autre du fameux hachoir pliable. J’ai choisi le second. Le personnage contrôlé par le joueur était un peu lent, par contre il esquivait les attaques avec classe. En mode lock-on sur un ennemi, les roulades deviennent des dashs. Les joueurs qui avaient l’habitude de se protéger derrière un bouclier dans les Souls devront du coup faire face à ce changement, mais avec la nouvelle mécanique introduite par les armes à feu, cela compense pas mal et rend les combats plus fins et stratégiques grâce à toutes les nouvelles subtilités.
Le jeu est par ailleurs très sanglant. Il faut toujours faire attention à bien doser ses coups et gérer les ennemis qui semblent être plus nombreux et agressifs que dans les Souls.

Niveau difficulté, ce n’était pas très punitif. Un représentant de Sony m’a dit qu’ils ont renforcé le personnage exprès pour que la démo ne soit pas frustrante vu le temps réduit passé dessus.

Nous pouvoir apercevoir quelques phases de gameplay de ce jeu d’action dans un univers bien lugubre.

Hidetaka Miyazaki profite du PlayStation Experience pour annoncer l’arrivé d’une nouvelle fonctionnalité pour le jeu: des donjons aléatoires. Générés aléatoirement en fonction du stuff du joueur, ces instances seront à parcourir en solo ou en mode multi dans un esprit toujours très proche de celui de la saga des Souls. L’occasion pour le joueur de se mettre en danger en parcourant de sombres salles peuplées de pièges vicieux et d’ennemis imprévisibles.
Basé sur une système de mécanismes à actionner pour espérer progresser, l’extrait présenté nous laissait apercevoir un bestiaire aussi imposant que dangereux. Entre esquives millimétrées et gestion de son endurance, le combat final de cette vidéo nous présente le cinquième type d’arme du jeu, l’épée fouet et son gameplay à mi-distance de l’adversaire. Le jeu est toujours annoncé en exclusivité sur PlayStation 4 le 25 mars 2015

En gestation depuis 2012, Bloodborne est l’oeuvre des Japonais de chez From Software, déjà responsables de Dark Souls et Demon’s Souls. Autant dire que le studio maîtrise son sujet quand il s’agit de créer un RPG / action. D’ailleurs, et même s’il s’agit d’un tout nouvel univers qui n’a rien à voir avec la série des Souls, la volonté des développeurs est au final assez semblable : proposer un jeu véritablement hardcore et sans concessions, pour les joueurs, les vrais.

Annoncé durant l’E3 dernier, Bloodborne nous avait déjà offert une petite présentation en behind closed door, via une early build qui permettait tout juste de se faire un premier avis sur cette suite spirituelle des Dark Souls, exclusive à la PlayStation 4. Toutefois, durant la Gamescom, From Software a mis les bouchées doubles puisque nous avons eu droit à de nouvelles informations et à une petite démo jouable, histoire de nous faire du mal comme il se doit. Car challenge il y aura.

Beaucoup plus beau et peaufiné qu’en juin dernier, avec apparition du HUD en prime (barres de vie et d’endurance, raccourcis pour objets), Bloodborne basera son gameplay sur le Regain System. Sous ce nom forcément un peu barbare se cache en réalité la possibilité de se régénérer pendant un court laps de temps après avoir reçu des dégâts. De loin, cela sous-entend que l’expérience est davantage basée sur l’offensive (pas de touche pour parer). Ce n’est pas tout à fait vrai tant cette technique se veut plus défensive qu’en apparence. Sinon, nous avons eu un aperçu des armes, capables de se transformer à l’envi – même pendant l’exécution d’un combo – selon deux modes différents.

Nous sommes à Yharnam: une cité très ancienne, lieu de pèlerinage pour de nombreux voyageurs en quête d’un remède miraculeux pour guérir leurs maux. Notre héros est l’un de ces pèlerins. Mais en arrivant, il découvre qu’une terrible maladie a rendu les habitants totalement fous. Et pour ne rien arranger, d’horribles monstres arpentent la ville. Il va donc vous falloir arpenter des ruelles sombres pour découvrir ce qui a bien pu se passer.

Une ambiance unique

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 9

L’ambiance du jeu est plutôt sombre: c’est la première chose que l’on remarque en voyant Bloodborne: les développeurs ont réussi à donner au titre une ambiance très particulière. Les décors d’inspiration gothique sont vraiment noirs, presque «sales». La démo à laquelle nous avons pu assister ainsi que la courte session jouable essayée nous ont permis de voir quelques décors tous plus lugubres les uns que les autres: les allées malfamées de Yharnam succèdent à un cimetière envahi par la végétation où les corbeaux s’envolent à votre approche et où des râles d’agonie se font entendre d’on ne sait trop où. Charmant… L’ambiance sonore participe beaucoup à ce sentiment de malaise : gémissements, cris lointains et étouffés, bruits étranges que l’on croirait tout droit sortis d’un film d’épouvante. Brrrrr… Les développeurs ont d’ailleurs beaucoup insisté sur leur volonté de faire de Bloodborne un véritable jeu d’horreur.

Un bestiaire qui fait trembler

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 11

Le cadre dans lequel on évolue fait aussi véritablement froid dans le dos grâce aux multiples détails qui fourmillent à l’écran. Animations soignées, brouillard volumétrique… Grâce à la PlayStation 4, le studio a pu faire bien mieux que dans les Souls. D’ailleurs, le framerate s’est bien amélioré depuis notre précédent contact avec le titre au mois de juin.Cette fois-ci, pas de retentissements notables à signaler : l’objectif des 30 images par seconde du studio semble quasiment atteint. Puisqu’on parle technique, le traitement de la lumière est à souligner. Il faut dire qu’elle jouera un grand rôle dans l’aventure car certains lieux sont si sombres que vous avez besoin d’une torche pour y voir quelque chose. Ce qui aura un impact sur le gameplay puisqu’une de vos deux mains sera logiquement mobilisée pour la tenir et que vous pourrez même enflammer vos ennemis avec elle.

Le sang, c’est essentiel

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 12

On reconnaît incontestablement la griffe Demon’s Souls: en combinant ce que l’on sait du scénario avec le titre du jeu (littéralement « transmissible par le sang »), on peut deviner très aisément que le sang jouera un très grand rôle au cours de l’aventure. Et pour cause, il est très présent : à chaque fois que vous tranchez dans le lard d’un ennemi, vous aurez droit à une superbe gerbe d’hémoglobine. Et ce sang n’est pas là que pour repeindre les ruelles de Yharnam puisqu’il vous permettra aussi de regagner de la vie. Une fonctionnalité à utiliser quasi obligatoirement car le jeu promet d’être très difficile, les développeurs prenant en référence le très corsé Demon’s Souls. Et pas question de miser sur un mode facile pour vous en sortir : il n’y en a pas. Pour la petite histoire d’ailleurs, les développeurs nous ont avoué avoir volontairement abaissé la difficulté de la démo jouable que l’on peut essayer à la gamescom. Ils nous ont dit en souriant que s’ils avaient laissé la véritable difficulté, les pauvres visiteurs du salon n’auraient pas pu terminer la démo sans mourir de nombreuses fois. Ça en dit long sur ce à quoi on aura affaire dans la version finale…

Quoi qu’il en soit, si le sang permet donc de refaire le plein de santé, il a aussi un effet loin d’être bénéfique. En effet, comme il est contaminé, à trop en abuser, vous pouvez vous aussi être touché par la maladie et devenir une véritable bête. Mais impossible d’en savoir plus sur cette fonctionnalité, car son fonctionnement ne nous a pas été détaillé.

Un gameplay plutôt dynamique

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 13

On ne sait pas trop ce que c’est, mais c’est glauque quand même: alors que Demon’s Souls se caractérise par un gameplay à base de blocage puis d’attaque, les développeurs ont ici voulu rendre le gameplay un peu plus dynamique, plus fluide, plus rythmé, plus offensif. Ainsi, il n’y a pas de bouclier et la plupart des combats se déroulent avec un gun dans une main et une arme tranchante dans l’autre (faux, hache…). Les caractéristiques des guns sont essentiellement défensives : ils permettent d’immobiliser les adversaires, d’avoir accès à des contrôle de foule pour les packs de monstres ou de vous donner des opportunités de contre-attaque. Quant à votre arme tranchante, c’est elle qui vous servira à infliger la majorité des dégâts, l’essentiel des combats se déroulant à courte distance.

Des combats très corsés.

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 14

Pour vous permettre de vous déplacer rapidement, il n’y a pas non plus d’armures lourdes et encombrantes qui vous rendraient pataud. A la place du blocage confortable offert par une grosse armure et un bouclier, il faudra jouer avec les esquives, parades et autres roulades pour se sortir de situations difficiles. De plus, un système de regain de vie en plein combat a été implémenté. Il permet de récupérer de la vie après avoir été touché dans certaines conditions. Mais attention, car vous avez un très court laps de temps pour déclencher cette aptitude. En fait, c’est un peu comme si votre personnage canalisait le coup adverse et le transformait en vie pour lui. La quantité de santé que vous êtes susceptible de récupérer s’affiche en jaune dans la barre de vie mais elle diminue au fil du temps : il ne faut donc pas hésiter longtemps si vous voulez vous en servir. Ce système rend les combats beaucoup plus stressants. Comme vous êtes fragile mais que vous avez la possibilité de vous refaire une santé en plein combat, votre jauge de vie n’arrête pas de faire du yo-yo. Autre effet induit : rien n’est jamais perdu. Même s’il vous reste très peu de santé, ce système permet de vous refaire si vous êtes assez habile pour l’utiliser correctement. D’ailleurs, un dilemme risque d’apparaître : vaut-il mieux se concentrer sur l’élimination rapide des adversaires en misant sur les compétences de dégât? Ou bien utiliser régulièrement le système de regain de vie pour éviter de flirter avec la mort? A vous de trouver votre manière de jouer.

Trouver le point faible de chaque adversaire

Aperçu Bloodborne - GC 2014 PlayStation 4 - Screenshot 15

Connaître son ennemi sera nécessaire à la victoire: la stratégie à utiliser est de toute façon à adapter en fonction des adversaires rencontrés et de leur nombre. Chaque situation et chaque affrontement devront être envisagés d’une manière particulière. Par exemple en utilisant au mieux les différents gadgets mis à votre disposition. Nous avons ainsi pu voir que lancer un flacon d’huile suivi d’un cocktail Molotov avait pour effet d’enflammer les créatures visées (et certaines n’apprécient pas du tout le feu). Autre stratégie à essayer : effectuer une roulade pour percuter volontairement un adversaire. Certains types de monstres sont très sensibles à ça : ils sont désorientés un court instant ce qui vous permet d’infliger pas mal de dégâts sans risque. Bref, il semble qu’il faille véritablement connaître son adversaire pour en venir à bout. Et pour vous donner une idée de quelques-uns des monstres que nous avons pu voir, il y avait par exemple des rats géants mesurant au bas mot 3 mètres de longs, des sortes de zombies rampant et crachant de l’acide, ou encore un gros sanglier de la taille d’un hippopotame qui adore charger tout ce qu’il voit (et surtout vous). Ça donne envie d’organiser une petite fête en invitant toutes ces aimables créatures, non ? Plus sérieusement, ce qui donne surtout envie, c’est de jouer plus longuement à ce titre qui s’annonce véritablement prometteur.

Cela donne quoi, Bloodborne, manette en mains? Du Dark Souls dans le texte, avec quelques ingrédients qui renouvellent la recette. C’est toujours un peu lourd et il faut toujours faire attention à sa manière d’agir et au timing, pour ne pas mourir bêtement. Après, il reste encore beaucoup de choses à découvrir, notamment en termes de respawn, de narration, d’univers et de fonctionnalités en ligne.

En définitive on a été sidéré par ce qu’on a pu tâter de Bloodborne. Le jeu s’annonce grandiose et devrait combler ceux qui ont été déçus par Dark Souls II. Et dire que les développeurs ont encore du temps pour cuisiner le tout afin de nous servir un produit soigné. L’attente sera longue jusqu’à la sortie prévue en mars 2015.

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