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Le mystère de Stonehenge : les dernières découvertes archéologiques de 2024-2026

Stonehenge demeure l’un des sites préhistoriques les plus étudiés au monde, et pourtant chaque décennie apporte son lot de surprises. Depuis 2020, les archéologues ont publié plusieurs résultats majeurs qui redessinent la compréhension de ce cercle de pierres érigé il y a plus de 4 500 ans dans la plaine de Salisbury. Les découvertes récentes portent sur la provenance des pierres, l’organisation sociale des bâtisseurs et la fonction rituelle du monument. Les nouvelles technologies de prospection, comme le radar géologique et l’analyse isotopique, livrent des informations inaccessibles aux générations précédentes de chercheurs.

Le monument continue d’attirer des millions de visiteurs chaque année, mais son histoire réelle dépasse largement les images cartes postales du solstice d’été. Les recherches actuelles montrent une complexité logistique, culturelle et religieuse qui change la lecture du site. Voici les dernières avancées publiées par les équipes britanniques et internationales qui travaillent sur Stonehenge.

La pierre d’autel ne vient pas du Pays de Galles

Pendant près d’un siècle, les archéologues pensaient que l’Altar Stone, bloc central de grès vert pesant environ six tonnes, provenait du sud-ouest du Pays de Galles. Une étude publiée en août 2024 dans la revue Nature a bouleversé cette certitude. L’équipe dirigée par Anthony Clarke, de l’université Curtin en Australie, a analysé la composition minérale de la pierre et l’a comparée à des échantillons géologiques britanniques. Les résultats indiquent une origine dans le nord-est de l’Écosse, probablement dans le bassin d’Orcade, à plus de 700 kilomètres du site. Ce déplacement massif implique des compétences de transport maritime ou terrestre bien plus développées qu’on ne l’imaginait pour le Néolithique britannique.

Un calendrier solaire gravé dans la pierre

Les travaux de Timothy Darvill, archéologue à l’université de Bournemouth, proposent depuis 2022 une lecture astronomique précise du cercle principal. Selon ses analyses, les trente pierres sarsen extérieures correspondent aux jours d’un mois, répétés douze fois pour former une année de 360 jours. Les cinq pierres du fer à cheval central, plus imposantes, ajoutaient cinq jours supplémentaires et un mois intercalaire tous les quatre ans, créant un système compatible avec le calendrier solaire. Si cette hypothèse se confirme, Stonehenge représenterait le plus ancien calendrier solaire connu construit en pierre.

Des rituels funéraires à grande échelle

L’analyse des cendres humaines retrouvées autour des Aubrey Holes, les 56 fosses circulaires qui entourent le monument, indique la présence de plus de 150 individus incinérés. Les datations au carbone 14 situent ces dépôts entre 3000 et 2500 avant notre ère. L’étude isotopique des ossements révèle que plusieurs défunts venaient de régions éloignées, certaines aussi lointaines que le Pays de Galles. Stonehenge n’était donc pas un simple observatoire astronomique mais également un lieu de sépulture réservé à une élite dispersée sur tout le territoire britannique néolithique.

Les nouveaux sites satellites

Les prospections réalisées par le projet Stonehenge Hidden Landscapes ont identifié une vingtaine de structures enfouies autour du monument. Parmi elles, le Durrington Shaft, un ensemble de vingt fosses circulaires disposées en cercle de deux kilomètres de diamètre autour du village néolithique de Durrington Walls. Cette découverte, publiée en 2020, suggère une organisation territoriale ritualisée qui dépasse largement le seul cercle de pierres. Les archéologues parlent désormais d’un paysage sacré complet plutôt que d’un site isolé.

Les mystères qui résistent

Malgré les progrès, plusieurs questions restent ouvertes. Comment les bâtisseurs ont-ils transporté les pierres bleues depuis les collines de Preseli, au Pays de Galles, sans roue ni animal de trait domestiqué pour ce type de charge ? Quelle fonction précise avait le monument entre ses périodes d’activité, espacées parfois de plusieurs siècles ? Les fouilles prévues pour 2026 et 2027, menées par English Heritage en collaboration avec l’université de Sheffield, devraient apporter des éléments nouveaux. Stonehenge reste un laboratoire vivant où chaque génération de chercheurs trouve matière à renouveler la connaissance du Néolithique européen.

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