Quand Styx : Master of Shadows est arrivé sur PC, PlayStation 4 et Xbox One le 7 octobre 2014, il a surpris une partie de la presse vidéoludique. Développé par Cyanide Studio à Nanterre et édité par Focus Home Interactive, le jeu confiait au joueur le rôle d’un gobelin difforme de deux siècles, obligé de se faufiler dans une tour interdimensionnelle appelée l’Akenash. À l’époque, les séries Dishonored et Assassin’s Creed tenaient l’affiche ; un pur jeu d’infiltration en vue à la troisième personne avait une fenêtre de tir étroite.
Un héritage direct d’Of Orcs and Men
Styx était d’abord un personnage secondaire de Of Orcs and Men, action-RPG sorti en 2012. Cyanide avait aimé la personnalité du gobelin, sa langue acide et sa silhouette fragile. Plutôt que de prolonger le jeu de rôle original, le studio a choisi de concevoir un spin-off centré sur la discrétion, avec un budget plus réduit et un gameplay plus ciblé. Cette décision a permis à l’équipe de travailler avec précision sur les niveaux verticaux, l’éclairage dynamique et le cycle des patrouilles ennemies.
Ce que le jeu proposait en 2014
Les environnements combinaient hauteur, obscurité et multiplicité des chemins. Le joueur disposait d’un clone nommé « double » qu’il pouvait déplacer indépendamment pour distraire les gardes ou activer des mécanismes. Les sauvegardes manuelles, rares à un moment où le secteur basculait vers les points de contrôle automatiques, renforçaient la tension : une erreur obligeait souvent à refaire dix minutes de planification. La critique, prudente, louait l’ambiance gothique et la direction artistique tout en pointant du doigt les animations faciales datées et l’intelligence artificielle parfois capricieuse.
La suite : Shards of Darkness
Le succès commercial relatif — environ 800 000 copies à la fin de 2015 — a autorisé une suite. Styx: Shards of Darkness est sorti en 2017, toujours chez Cyanide et Focus Home. Cette deuxième itération a élargi les zones de jeu, introduit une coopération en ligne et raffiné les outils de crafting. Les critiques ont été plus élogieuses, saluant notamment la mise en scène des missions à bord du navire volant des elfes noirs.
Pourquoi Styx reste cité en 2026
Douze ans plus tard, la saga figure dans les références des développeurs qui travaillent sur l’infiltration classique. L’école française a su prolonger une tradition qui semblait abandonnée après Thief 4, en misant sur un personnage atypique et un univers dark fantasy assumé. Le studio Cyanide, racheté en 2018 par Nacon, a poursuivi avec des projets variés, mais Styx demeure probablement son titre le plus reconnaissable à l’international, aux côtés de nos autres retrospectives consacrées à des figures marquantes.
Vers un troisième volet ?
Aucune annonce officielle n’a été publiée en 2026 concernant un troisième opus. Les rumeurs circulent depuis 2023 et Nacon, interrogé lors du Focus Entertainment Showcase 2024, a évoqué la franchise comme « un actif que nous ne laisserons pas dormir indéfiniment ». Pour les amateurs de dark fantasy, d’infiltration millimétrée et d’humour noir, Styx : Master of Shadows reste un point d’entrée peu coûteux et fréquemment mis en solde sur GOG et Steam, et une pièce importante du catalogue français de la décennie passée.
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