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Le langage des chats : ce que la science a découvert sur leur communication

Pendant longtemps considérés comme distants ou indéchiffrables, les chats domestiques ont enfin trouvé en la science un interlocuteur attentif. Au cours des deux dernières décennies, plusieurs équipes de chercheurs en éthologie animale ont étudié de près la manière dont nos félins communiquent avec les humains et entre eux. Ce que révèlent leurs travaux change la façon dont nous comprenons la relation entre l’homme et le chat, longtemps réduite à des stéréotypes.

Le miaulement, un langage adressé aux humains

Une étude désormais célèbre menée à l’Université Cornell en 2002, puis confirmée par les travaux de la chercheuse suédoise Susanne Schötz à l’Université de Lund, a démontré que le miaulement adulte est presque exclusivement réservé à la communication avec les humains. Les chats sauvages et les chatons utilisent ce son, mais une fois adultes et entre eux, les félins privilégient les phéromones, le langage corporel et certains sons gutturaux. Le miaulement, en revanche, semble être une adaptation domestique : nos chats ont appris à imiter, dans une certaine mesure, les fréquences vocales que nous percevons le mieux.

Plus surprenant encore, des analyses spectrales ont montré que les chats modulent leur miaulement selon le contexte et même selon l’humain auquel ils s’adressent. Un miaulement adressé au gardien réclamant de la nourriture ne ressemble pas à celui qui annonce une demande d’attention ou un inconfort. Cette plasticité vocale, propre aux animaux qui vivent en contact étroit avec l’humain, place le chat parmi les espèces les plus sophistiquées en matière de communication interspécifique.

Le ronronnement, bien plus qu’un signe de bien-être

Longtemps assimilé au seul plaisir, le ronronnement a livré ses secrets aux études récentes. Les chercheurs ont identifié dans certains ronronnements une fréquence particulière située entre 25 et 150 hertz, un spectre qui correspond à celui utilisé en physiothérapie pour stimuler la régénération osseuse. Plusieurs équipes vétérinaires, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis, étudient désormais le ronronnement comme un mécanisme d’auto-guérison. Le chat ronronnerait non seulement quand il est satisfait, mais aussi pour s’apaiser en situation de stress, de douleur ou de maladie.

Une autre découverte intéressante concerne le ronronnement dit « sollicitant », identifié en 2009 par la chercheuse britannique Karen McComb. Ce ronronnement modifié inclut une fréquence aiguë proche de celle des pleurs d’un nourrisson, ce qui le rend particulièrement difficile à ignorer pour les humains. Une stratégie évolutive raffinée pour obtenir l’attention du gardien sans recourir à un miaulement direct.

Le clignement lent, un baiser félin

En 2020, une équipe de l’Université du Sussex et de l’Université de Portsmouth a publié dans la revue Scientific Reports une étude sur le clignement lent des chats. Les résultats sont clairs : lorsqu’un humain cligne lentement des yeux face à son chat, ce dernier répond très souvent par le même geste. Ce comportement, appelé « slow blink » en anglais, est interprété comme un signal d’apaisement et de confiance. Pour le chat, fermer les yeux face à un autre individu signifie qu’il ne le perçoit pas comme une menace.

Les éthologues conseillent désormais aux propriétaires d’utiliser ce signal pour renforcer le lien avec leur animal, surtout lors des premières rencontres. Une simple succession de clignements lents permettrait au chat de se sentir en sécurité et favoriserait l’établissement d’une relation positive.

La queue, le dos et les oreilles : un langage corporel précis

La science confirme également ce que les amoureux des chats devinaient depuis longtemps : le langage corporel félin est un système de communication précis et codifié. Une queue dressée verticalement signale une approche amicale, tandis qu’une queue gonflée en plumeau marque la peur ou l’agressivité défensive. Les oreilles tournées vers l’arrière indiquent l’inconfort ou la colère, alors que des oreilles dressées et mobiles traduisent la curiosité. Le ventre exposé, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas toujours une invitation aux caresses : il représente une marque de confiance, mais le chat conserve souvent ses griffes prêtes à réagir si la caresse devient envahissante.

Une intelligence sociale sous-estimée

Toutes ces découvertes convergent vers une même conclusion : le chat domestique est un communicateur sophistiqué, doté d’une intelligence sociale longtemps sous-estimée par rapport à celle du chien. La domestication du chat, plus tardive et moins intensive que celle du chien, a néanmoins produit un animal capable de moduler son comportement et ses vocalises pour s’adapter à l’humain. Comprendre ces signaux, c’est offrir à son félin une meilleure qualité de vie et une relation fondée sur le respect mutuel. D’autres travaux récents en biologie animale, comme les études sur le déclin des abeilles en Europe, montrent à quel point la cognition animale reste un champ scientifique en pleine effervescence.

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