Splinter Cell: Chaos Theory est considéré par la plupart des fans comme le sommet de la saga d’infiltration d’Ubisoft Montreal. Sorti en mars 2005 après Splinter Cell et Pandora Tomorrow, ce troisième volet pousse les curseurs techniques et ludiques à leur maximum tout en affinant la recette qui a fait la renommée de Sam Fisher.
Le scénario, écrit par Tom Clancy, plonge Sam Fisher dans un conflit entre la Chine, le Japon et la Corée du Nord. La cyberguerre devient la nouvelle frontière : l’ennemi frappe les infrastructures informatiques américaines avant toute escalade militaire. L’agent de Third Echelon doit démêler les fils d’une conspiration qui menace de déclencher la Troisième Guerre mondiale en Asie.
Une maîtrise technique sans égale
Le moteur graphique repousse les standards de 2005 avec des ombres portées en temps réel, un bump mapping généralisé et des éclairages dynamiques qui réagissent à chaque pas. Chaque tir dans une lampe éteint une source lumineuse, chaque vitre cassée modifie l’acoustique. Ubisoft Montreal a peaufiné les animations de Sam Fisher : le personnage grimpe, s’agrippe, roule et pivote avec une fluidité jamais vue dans la saga.
Les missions proposent trois approches complètes : infiltration totale, neutralisation silencieuse ou assaut frontal. Le couteau OPSAT autorise désormais l’élimination au corps-à-corps, l’interrogatoire et le dé-tension. Les gadgets incluent la mine électronique adhésive, la caméra volante, le détecteur de rythme cardiaque et l’hémorroïque pour envoyer une charge électrique dans les tuyaux. Le système de notation par pourcentage récompense la discrétion et laisse le joueur libre d’adopter le style qu’il souhaite.
Un multijoueur de haut vol
Le mode Espions contre Mercenaires, inauguré dans Pandora Tomorrow, est peaufiné. Les Espions en vue à la troisième personne affrontent des Mercenaires en vue subjective. Les premiers misent sur la furtivité et la connaissance des niveaux, les seconds sur la puissance de feu et les dispositifs de détection. L’équilibrage fin fait de ce mode un classique sous-estimé du jeu en ligne.
La bande-son d’Amon Tobin, compositeur de jazz électronique, installe une ambiance urbaine froide, inédite dans le genre. Les niveaux — hutte thaïlandaise, raffinerie péruvienne, bains japonais, banque bancaire hong-kongaise — varient les décors et les contraintes d’infiltration. Le mode coopératif à deux joueurs en ligne ou en écran partagé conclut un package tout simplement exemplaire.
Sam Fisher au sommet de son art
Splinter Cell Chaos Theory ramène l’agent Sam Fisher de la NSA Third Echelon dans une intrigue qui mêle guerre algorithmique, pirates japonais et tensions entre la Chine, le Japon et les deux Corées. Michael Ironside reprend le rôle vocal de Fisher avec son timbre granuleux devenu signature. Le scénario, écrit avec la complicité de Tom Clancy, joue sur les angoisses post-11 septembre autour de la cyberguerre et propose une lecture géopolitique étonnamment dense pour un jeu d’infiltration de 2005.
Une boite à outils enrichie
Ubisoft Montreal a complètement réécrit le système de combat rapproché. Le couteau, ajouté pour la première fois, permet d’éliminer ou d’interroger un ennemi à distance d’un saisissement. Le sonar Combiné, qui détecte les bruits ambiants, ajoute une couche de gameplay. Les options non létales se multiplient : asphyxier, assommer ou laisser passer un garde. Le joueur reçoit une note à la fin de chaque mission selon trois critères : discrétion, achèvement des objectifs secondaires et nombre d’éliminations. Cette grille pousse à recommencer les niveaux pour viser le score parfait.
Multijoueur Spies vs Mercs et coopératif
Le mode Spies vs Mercenaries oppose deux espions en vue à la troisième personne à deux mercenaires en vue subjective. Les espions doivent pirater des terminaux pendant que les mercenaires patrouillent avec lampe torche et armes lourdes. Le mode coopératif de la campagne propose une histoire parallèle qui complète l’intrigue principale et demande aux deux joueurs de se faire la courte échelle, de couvrir mutuellement leurs angles morts et de pirater à deux. Cette intégration tisse la coopération dans le tissu même du gameplay, à une époque où les jeux solo prêtaient peu d’attention au multijoueur.
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